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Tous les deux ans les syndicats « représentatifs » (CFDT, CGT, CFE-CGC, CFTC et FO) et les organisations patronales (Medef, UPA,CG-PME) négocient une nouvelle convention Unedic qui fixera les modalités d'indemnisation des chômeurs pour les années suivantes.

Dans le contexte actuel, alors que les plans sociaux se multiplient et que la crise jette au chômage de plus en plus de salariés, notamment les interimaires et les CDD qui sont plus renouvelés, les discussions syndicats-patronat ont enfin abouties. Et l'accord sorti de ces négociations est loin d'être favorable aux salarié-e-s.

Maintenant, un jour travaillé=un mois indemnisé

L'ancienne convention-chômage permettait d'être indemnisé 7 mois pour 6 mois de travail ou 23 mois pour 12 de travail c’est-à-dire qu’on pouvait toucher les assedics plus longtemps que l’on avait travaillé.

Mais cette fois le Medef a réussi à imposer le principe « un jour travaillé=un jour d'indemnisation » avec un minimum de 4 mois de travail pour pouvoir être indemnisé.

L'ancien principe fonctionnait comme une assurance (on ne dit pas assurance-chômage pour rien): chaque employé cotise pour toucher un forfait si par malheur il tombe au chômage. Aujourd'hui, la nouvelle règle sous-entend que tous les privés d'emplois sont des fainéants qui ont choisi leur sort et qu'on ne doit indemniser que pour les jours correspondant à un emploi.

C'est une inversion de logique, les employés sont rendus responsables de leur licenciement et des plans sociaux qui ont tendance à se multiplier en ce moment. Pourtant, si les cotisations sont de 4% pour l'employeur et de seulement 2,4% pour le salarié, c'est qu'il y a une raison.


Les grands perdants

La nouvelle convention lèse un grand nombre de demandeurs d'emploi en allongeant la durée de cotisation et en faisant baisser la durée d’indemnisation.

Deux catégories vont être particulièrement touchées:

-tous ceux qui ont travaillé au moins 16 mois sur les 26 derniers, qui avaient droit à 23 mois d'indemnisation auparavant auront strictement droit au nombre de mois travaillés, soit jusqu'à 7 mois de perte de droits pour ceux ayant travaillé 16 mois.

-les plus de 50 ans: la règle du « un jour travaillé= un jour indemnisé » s'applique pour tous, il n'y aura plus de filiaire spéciale pour les plus de 50 ans, qui pourront toujours être indemnisé 36 mois.... à condition d'avoir travaillé 36 mois! (contre 27 mois aujourd'hui)


Une rentabilité imposée par des choix idéologiques

Pourtant aujourd'hui, même Geoffroy Roux de Bezieux, président de l’Unedic (et PDG de Virgin mobile) est obligé de l'admettre, l'Unedic est sur la voie du retour à l'équilibre, elle a totalisé 4,5 milliards d’euros d'excédents en 2008.

Alors pourquoi cette volonté patronale de réduire encore les prestations des chômeurs?

Parce que le seul objectif des patrons est de faire de l'Unedic un organisme « rentable ». Cette « rentabilité » pourra le moment venu servir de prétexte pour une baisse des cotisations chômages que le patronat réclame à corps et à cris à chaque renouvelement de la convention. Cette volonté s'est traduit cette fois par la promesse de diminution de 0,5 point des cotisations patronales dès juillet prochain si l'Unedic est excédentaire.

Diminuer toujours plus les allocations chômage pour faire en sorte que l'Unedic soit bénéficiaire et ainsi exiger une diminution des cotisations, voilà l'objectif réel du patronat. C'est un cycle sans fin vers une diminution de la prise en charge du chômage par les employeurs et surtout une fuite de leur responsabilité sociale.


Et ça aurait pu être pire!

Les propositions initiales du Medef sont révélatrices du peu de considération des employeurs pour les salarié-e-s:

-indemnisation sur le principe « un jour travaillé = un jour indemnisé » (accepté)

-17 mois d'indemnisation maximum au lieu de 23 actuellement (refusé par les syndicats)

-aide forfaitaire de 300€/mois pour les moins de 25 ans n'ayant pas assez cotisé pour avoir des droits.... mais déductible des futurs droits! (refusé)

-diminution des cotisations patronales (accepté sous conditions)

Et il y a de fortes chances que les propositions refusées par les syndicats de salariés soient remises sur la table lors des prochaines négociations dans deux ans.


Peut-il y avoir une remise en cause de cette convention? Du côté des représentants des salariés, seule la CFDT a décidé de signer l'accord, ce qui est suffisant pour le valider. Parmi les syndicats qui n'ont pas signé, seule la CGT a décidé d'exercer son droit de véto. Mais ça ne suffit pas, trois organisations doivent s'opposer formellement à la nouvelle convention devant le Conseil d'Etat pour que celle-ci soit invalidée. Les autres syndicats, bien qu'opposés à la convention, n’ont pas fait jouer leur droit de véto dans les temps, l’accord est donc définitivement validé. Malheureusement pour celles et ceux d'entre nous qui vont se retrouver au chômage et qui vont être de plus en plus nombreux avec la crise...