La mode chez les anarchistes est au renouveau des autonomes, des illégalistes exclusifs, des insurrectionnalistes avec leurs cortèges d’illusions, de folklores et d’impasses pourtant largement éprouvées par l’histoire. Le site internet indymédia Nantes en a fait la cruelle et récente expérience : contraint de fermer ses forums pour cause de flots d’insultes, d’intolérances et de bêtises débités par les décervelés « anarcho-autonomes ». Je comprends leur démarche : après avoir eu l’impudence de déposer quelques annonces sur des projections organisées au Mans, je me suis trouvé pris au piège de l’invective et considéré sans ménagement comme un traitre sans que je m’exprime. 

 L’anarchisme social capable de constituer une force historique cohérente, organisée, trouvant un large écho dans les masses populaires et se montrant actif et efficace dans la lutte des classes est en recul numérique et organisationnel.

 

 

Le mouvement anarchiste se perd à nouveau dans des gesticulations pittoresques, « festives » et individuelles qui ne sont en réalité que la libre expression du refus de toute discipline intellectuelle, de tout effort conséquent d’autoformation et de préparation révolutionnaire, de toute ouverture vers d’autres milieux que ceux qui se délectent dans la « libération culturelle » et les modes de vie marginaux. Par paresse, il est commode de s’appuyer le mythe des générations spontanées. Le fait que l’écrasante majorité des opprimés ne comprennent rien à leur démarche et n’en n’ont pas les moyens pour des raisons matérielles et culturelles ne les effraient pas. D’ailleurs, ils s’en moquent.  Archinov les avait qualifiés en son temps de « dilettantes », butinant selon leurs envies précieuses dans des luttes minoritaires et identitaires. En ce moment, la mode est à l’anticarcéral, hier c’était d’ouvrir des squats, demain ce sera le rejet de la scolarisation ou la viande ou que sais-je encore, de toute façon ça n’a ni queue ni tête.  

 

Le Communisme libertaire cherche au contraire à combattre le capitalisme sur son terrain avec comme ambition de libérer de l’oppression économique du travail salarié, de son exploitation et de son injustice. Il propose des voies progressives et collectives pour arriver à une société autogérée. Sa stratégie repose sur l’implantation sociale et la construction d’un mouvement de masse puissant capable de rivaliser avec les mouvements dominés par la gauche. Le débat n’est hélas pas contemporain : il dure depuis la fin du 19ème siècle, singulièrement  en France. 

 

Mais nos ennemis, trop contents d’enfermer tout le mouvement libertaire dans une caricature qui tombe à point nommé, veulent ignorer et dissimuler les autres versants de l’anarchisme. Voici quelques textes historiques fondamentaux  du bakouninien Gaston Leval datant de 1967 (issue des cahiers de l’humanisme libertaire) qui remettent les égarements individualistes dans leurs justes perspectives et un excellent rappel historique de René Berthier sur la stupidité et l’opportunisme anarchiste dans le choix de généraliser  l’option terroriste.

    1. Partie 1

    2. Partie 2

    3. Partie 3

    4. Partie 4

    5. Partie 5