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Mobilisation contre la loi travail au Mans le 9 mars : oui mais après ?

L’intersyndicale départementale a réuni la CGT, l’UNEF, la FSU, Solidaire et FO.
Il a été décidé d’un commun accord de s’associer aux propositions des organisations de jeunesse qui seront en tête de cortège. Ces dernières ont entamé depuis une semaine leur mobilisation et se réunissent demain soir à l’université.

Au Mans la manifestation partira à 10H30 de la préfecture du Mans (les lycéens et étudiants seront aux Jacobins) et convergera avec le cortège des cheminots.

De son côté la CNT72 se joint à cette mobilisation notamment en s’appuyant sur le texte ci-dessous.

Cependant, outre la division habituelle entre les « réformistes » (collabos) et les « radicaux » ou combatifs, il faudrait se souvenir de ce qu’il s’est passé en 2010 par exemple du côté de ceux qui se sont présentés comme les plus virulents contre la réforme des retraites. La stratégie des centrales CGT ou FO avaient consisté en des appels à se mobiliser et au blocage économique sans pour autant se donner les moyens de mobiliser massivement dans les lieux de travail pour étendre la mobilisation et surtout en multipliant les interminables et stériles manifestations de rues sans faire de jonctions avec les bloqueurs, le tout visant surtout à contenter des bases remontées. L’épuisement avéré des militants, les leaders syndicaux ont ensuite eu beau jeu de professer l’inéluctable « essoufflement » puis la défaite avant de projeter la revanche vers l’élection présidentielle de 2012. ça devait se jouer dans les urnes. On devait de venger et finalement on a eu Valls et les social-traitres. On voit le minable résultat maintenant.

Alors n’oublions pas les calculs politiciens à 1 an de nouvelles et saignantes élections présidentielles en particulier à gauche. On ne se fera pas avoir deux fois par les mots d’ordres hypocrites non suivies d’effets ni d’actes.

 

Dores et déjà qu’observe t’on localement ? La FSU appelle certes à s’associer aux manifestations et mobilisations qui sont organisées le 9 mars. La FSU nationale a déposé un préavis de grève dans l’enseignement pour couvrir toutes celles et tous ceux, qui malgré les décisions tardives pourront se mettre en grève. Mais ailleurs ? Pas de diffusion anticipée d’appel à faire grève ni de tracts CGT, FSU ou FO avant le dernier jour ou la veille dans plusieurs services publics, mais uniquement sur internet, quand bien même une telle loi, qui attaque frontalement les salariés du privé, aura de nombreuses conséquences par la suite sur le public, notamment pour les nombreux contractuels qui y travaillent. Ainsi dans les collectivités territoriales, c’est un syndicat non représentatif, Sud CT, qui a déposé un préavis de grève nationale ! Personne ne doute que bon nombre de militants soient motivés mais  les instances dirigeantes semblent plus hésitantes.

Côté privé, il ya bien l’appel de la coordination des syndicats de chez Renault. Mais l’information a-t-elle été diffusée massivement aux ouvriers ? En ligne de mire, la grande manifestation du 31 mars semble retenir toutes les attentions. Mais un rapport de force ne se construit pas en une journée avec le soutien dispersé de petits syndicats minoritaires ou de quelques sections très engagées, même avec une bonne mobilisation dans la rue.

C’est entre le 9 mars et le 31 mars que les militants syndicaux devraient au contraire mettre le paquet pour expliquer et convaincre de faire grève en allant dans les bureaux, les ateliers, préparer un stratégie de montée en puissance du rapport de force en prévoyant des actions directes efficaces hostiles au monde économique, notamment financier. Optimiser le temps de grèves, qui est une baisse de salaire, est une nécessité en temps d’austérité et de répression. Les syndiqués, les autres salariés, ne peuvent pas être embarqués dans de nouveaux faux-semblants. Nous sommes en droit d'attendre de la clarté stratégique.

Alors regardons avec attention ce qu’il va se passer dans les 15 prochains jours : nous serons vite fixés sur la réelle intention des dirigeants syndicaux. S’ils passent leur temps à discuter entre eux, à tenter de faire infléchir le gouvernement, à laisser les lycéens et étudiants vainement s’organiser en les soutenant mollement, si rien ne se passe au boulot où les militants restent tranquilles, alors oui on pourra parler de nouvelle mascarade syndicale. Face aux risques d’atermoiements, le mieux est de ne pas leur faire confiance ni de les attendre.

Il est donc urgent que tous les militants syndicaux de lutte de classe se réunissent en marge des directions des intersyndicales et s’organisent par elle-même pour vaincre le gouvernement dans une coordination d’échanges et d’actions trans-syndicale.


 Report ou pas : le 9 mars et au-delà, on sera là !

 

Manuel Valls a annoncé le report de présentation de la Loi Travail à fin mars. Ne nous leurrons

Pas, ce report qui intervient face à la colère sociale montante n'enlève rien à la volonté du gouvernement d'en découdre avec les classes populaires. Nul doute que cela lui laissera le temps de négocier ce projet de régression sociale avec ses partenaires sociaux : Medef et « syndicats complaisants » de la réforme (ceux qui négocient la taille des chaînes).

D'ailleurs, ce jeudi 3 mars, l'intersyndicale « réformiste » (composée de la CFDT et de ses alliés) a décidé de céder à la tentation des petits arrangements avec le gouvernement tandis que celle composée des centrales plus « combatives » a annoncé qu'elle ne commencerait à mobiliser qu'à la fin du mois. Pourtant, d'ores et déjà, de nombreuses initiatives ont émergé spontanément des bases syndicales et populaires du pays : préavis de grève dans le secteur des transports, dans de nombreuses entreprises privées et services publics mais également au sein de la jeunesse avec un appel à manifester de toutes les organisations, syndicats étudiants et lycéens dès le 9 mars.

C'est bien là l'expression de la force des bases militantes lorsqu'elles prennent leurs affaires en mains face aux bureaucraties et c'est tant mieux !

La CNT se félicite de ces réactions salutaires et participe partout où elle le peut à la construction de cette dynamique en portant une stratégie de grève reconductible interprofessionnelle, tant sur les revendications sectorielles (face aux coupes budgétaires et à l'austérité généralisé dans les services publics et le social, pour la hausse des salaires, pour l'amélioration des conditions de travail, etc.) que sur celles touchant l'ensemble de la société et restreignant encore plus ses droits et conditions de vie :

Retrait de la Loi Travail impliquant la destruction des droits collectifs contenus dans le Code du Travail ;

Abrogation de la loi Macron libéralisant l'ensemble de l'économie et impliquant la restriction des droits syndicaux ;

Abrogation des réformes patronales telles que le CICE (60 milliards d'euros de cadeaux au patronat) et autres pactes de compétitivité n'ayant quasiment créé aucun emploi mais ayant par contre garanti une progression des marges bénéficiaires au profit exclusif des actionnaires et grands patrons ;

Arrêt des peines de prisons pour les syndicalistes et répressions massives suite à l'établissement de l’état d'urgence et à sa future constitutionnalisation, tout comme le racisme affiché de la déchéance de nationalité. N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Pour construire un mouvement social fort et victorieux, l'heure est à la démocratie directe et à la convergence des luttes. La CNT appelle toutes et tous à se mobiliser massivement dans les grèves et à amplifier les diverses initiatives de lutte qui émergent, et notamment les 9 et le 31 mars prochains.

Tous les acquis n'ont été obtenus que par la lutte !

La CNT