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N'y a -t-il que sur les murs d'une mosquée qu'un tag raciste n'est pas raciste ?

Il est plus que temps de critiquer quelques postures libertaires qui, sous le prétexte de dénoncer le retour à l'ordre moral et religieux et s'appuyant sur une tradition d'irrévérence envers les clergés, dissimulent une adhésion aux formes actuelles du racisme en France.

Le pinaillage sur le terme pour mieux esquiver la prise de position sur la chose elle-même

Les habitantEs de ce pays, migrantEs d'origine post-coloniale et leurs descendantEs françaisEs, musulmanEs ou senséEs l'être au faciès, sont massivement victimes de discriminations multiples, organisées institutionnellement, c'est-à-dire qu'ils/elles sont la cible d'un racisme d'Etat légitimé idéologiquement non plus par une arriération et une nuisance raciale mais par la dangerosité et l'infériorité culturelle supposée de l'islam. On peut ergoter ad vitam eternam sur le mot juste à employer pour décrire cette réalité mais la question embarrassante est bien pourquoi nous ne manifestons-pas notre solidarité envers ces membres de notre classe prolétaire ?

Se revendiquer de l'islamophobie au titre du droit à critiquer toutes les religions

Faut-il rester prisonnierEs d'un héritage anti-clérical lié à un passé où il fallait affronter une église ultra-puissante, alliée ou principale force contre-révolutionnaire ? A quoi rime de revendiquer le droit de cracher sur la religion des plus pauvres et des plus dominéEs d'entre nous ?

Les libertaires font-ils/elles la critique féroce qui s'impose pourtant de l'ingérence catholique permanente dans toutes les sphères de la vie sociale et politique , se risqueraient-ils/elles à une critique vraiment « sans concession » du judaïsme à l'heure où la lutte pacifique contre la colonisation de la Palestine est assimilée à de l'anti-sémitisme ? Alors où ?

 

 

La laïcité pour les nulLEs

La loi de 1905 de séparation des pouvoirs de l'Eglise et de le l'Etat définit le compromis social qui permet à chacunE de vivre sa croyance ou son incroyance sans avoir à redouter de persécutions, elle garantit la liberté de conscience et d'expression de l'appartenance religieuse.

Depuis 20 ans, les manipulations idéologiques se succèdent pour transformer la laïcité en « valeur républicaine » au nom de laquelle on justifie de graves atteintes aux droits fondamentaux des musulmanEs, comme la loi raciste de 2004 sur l'interdiction du port de signes religieux à l'école.

Pourquoi l'athéisme revendiqué des libertaire devrait-il interdire de dénoncer le retour des persécutions religieuses qui prennent la forme de multiples humiliations et agressions dans la vie quotidienne ? La fraternité révolutionnaire ne s'adresse-t-elle qu'aux-non croyantEs ?

Pour méditer sur cette dernière question, je vous laisse en compagnie d'Emile Pouget, militant historique de l' anarcho-syndicalisme :

« le Parti du Travail porte en lui-même sa définition : il est le groupement des travailleurs en un bloc homogène ; il est l'organisation autonome de la classe ouvrière en un agrégat ayant pour assises le terrain économique ; il est, par ses origines, par son essence, réfractaire à toute compromission avec les éléments bourgeois.

[...]

Le Parti du Travail est un parti d'intérêts. Il ignore les opinions des individus qui le constituent ; il ne connaît et ne coordonne que les intérêts – tant matériels que moraux et intellectuels – de la classe ouvrière. Ses rangs sont ouverts à tous les exploités, sans distinction d'opinions politiques ou religieuses.

Oui, le Parti du Travail ignore les opinions, quelles qu'elles soient ! En revanche, il pourchasse l'exploitation humaine sous quelque forme qu'elle se manifeste.

Un travailleur qui aura des conceptions philosophiques ou politiques baroques – qui croira en un Dieu quelconque ou l'Etat – aura sa place à côté de ses camarades, au sein de ce parti. Mais, ce qu'on y condamne, en ce parti, c'est l'exploitation des idées théologiques, politiques ou philosophiques ; ce qu'on y réprouve, c'est l'intervention du prêtre ou du politicien qui, l'un et l'autre, vivent de spéculations sur les croyances »