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L'entreprise Alpha-concepts, sous-traitant automobile dans la région mancelle, est placée en liquidation judiciaire à cause de dettes trop importantes et, malgré le soutien des collectivités, ne pourra pas continuer son activité pourtant rentable. Face à ce constat, une nouvelle fois, la passivité des syndicalistes est affligeante.  La solution aurait été la reprise par les salariés en coopérative autogérée, sans patron ni chef, plutôt que de subir la situation et d'aller quémander des soutiens auprès de "sauveurs" qui ne peuvent rien : les élus. 56 salariés vont grossir les rangs des chôm-euses-eurs et dépendre de des bons vouloirs de l'UNEDIC, la caisse gérée par le patronat avec les traitres syndicaux de la CFDT.

 Les petits patrons en prennent plein la gueule. Il y a de quoi plaindre les naîfs qui n'avaient pas compris que le capitalisme est un vaste casino où l'écrasante majorité sont des gogos qui se font plûmer pour qu'une poignée se gave en s'illusionnant sur ses prétendus "mérites". Se prendre pour un cador, faire touner la boutique tout seul et jouer au chef, ça ne mène à rien, sauf à s'user au boulot. Seul la force collective de travailleurs unis et égaux entre eux permet de réussir en se libérant de l'autorité.

 

Notre article explique la démarche de reprise et pourquoi elle n'est pas soutenue.

 

 

Les capitalistes lâchent les usines et les ateliers ?

Approprions nous l’outil de travail et contrôlons les productions !

 

 En janvier 2010, les ouvriers de l’usine PHILIPS EGP à Dreux luttent pour leur survie. Face à ça, le personnel avait "pris le contrôle" de la production dans cette usine qui fabrique des téléviseurs à écrans plats. Le 5 janvier, les salariés décident de passer à l'action et de stocker la marchandise dans un atelier, au lieu de l'aiguiller vers le service expédition. L'initiative est approuvée par une très large majorité des quelque 220 personnes employées par Philips EGP. Cet acte exemplaire est la voie de la liberté et de l’autonomie pour les travailleurs. Mais il faut aller plus loin et s’organiser nous-mêmes pour s’approprier notre outil de travail. Certains syndicats et salariés vendus aux patrons ne l’entendent pas de cette oreille, car cela vient heurter leur culte de la soumission et de la discipline hiérarchique. Pour des raisons idéologiques, des syndicalistes refusent l’autonomie aux travailleurs de peur de ne servir à rien. Et surtout, beaucoup d’entre eux sont des bureaucrates issus des politicards confortablement installés come le NPA, le Parti de Gauche et le PCF qui ne conçoivent comme débouché à la lutte que l’élection politique et non pas la victoire de la lutte.  

 

La solution : Les Travailleurs se prennent en main : pas besoin de patrons ni de chefs pour faire tourner la boite… 

 

Comme en Argentine en 2001 au moment de la banqueroute de leur économie, la reprise d’entreprise par les salariés (RES) en Scop (société coopérative de production) constitue une réponse à l’enjeu majeur des cessations activité faute de repreneur.La RES constitue une véritable solution pour les salariés qui connaissent parfaitement le métier et ont déjà une relation avec la clientèle pour reprendre en main leur outil de travail et conserver ainsi leur emploi. Le RES se fait bien souvent sous la forme d’une Scop, particulièrement adaptée à cette forme de reprise. Régie par les principes coopératifs, au moins 51 % de ces Scop sont détenues par les salariés, qui disposent de 65 % des droits de vote. Les décisions se prennent en assemblée générale selon le principe démocratique de l’autogestion « une personne = une voix » (il s’agit notamment de prendre les grandes décisions stratégiques de l’entreprise, d’élire les mandataires pour la gestion ou des fonctions de coordination). Les bénéfices vont d’abord aux salariés et à la consolidation financière de l’entreprise. La véritable autonomie c’est surtout de se passer de chef : les formations collectives et la rotation des tâches permettent de diffuser les compétences de gestion et d’éviter de dépendre d’un dirigeant-actionnaire principal qui ne tardera pas à reproduire des dérives autocratiques de par son rôle central même s’il n’a qu’une voix. Il faut que tous les salarié-e-s soient des associé-e-s ! Le dirigeant ne doit pas avoir de pouvoir hiérarchique ! 

 

Soyons solidaires de cette démarche d’émancipation par les travailleurs eux-mêmes 

 

Un projet de reprise d’entreprise par les salariés est envisageable lorsque qu’un dépôt de bilan ou un départ à la retraite du dirigeant menace leur emploi, mais aussi par ceux dont l’entreprise est sur le point d’être cédée. Le chemin est difficile et commence par le financement de l’opération. Très souvent, l’autofinancement y est insuffisant. Les futurs coopérateurs sont souvent réticents à investir leurs économies dans l’entreprise. Pourtant, c’est essentiel pour constituer l’indépendance. Ensuite, les investisseurs sont rarement intéressés par les coopératives. Ainsi, plus vous serez nombreux et déterminés à placer vos ressources dans ce projet, plus vous serez gagnants. Pour les investissements, il faut aller à la pêche du côté de certaines banques ou organismes de crédits spécialisés comme le crédit coopératif ou la SOFISCOP. Les régions comme la Pays de la Loire apportent aussi d’autres sources possibles. Enfin, il est possible de lancer des souscriptions populaires où les investisseurs délèguent bien souvent leur droit de vote à aux salariés-associés de l’entreprise. En cas de redressement ou de liquidation judiciaire, c’est un magistrat qui va juger la solidité et le sérieux des projets de reprise. C’est lui qu’il faut donc convaincre. 

 

Mais la voie la plus efficace est d’abord d’imposer la reprise à d’anciens propriétaires par l’action directe : l’expropriation. Il s’agit, sous peine de destruction des biens, de remettre en fonction sans tarder tout l’appareil productif et de conserver les stocks pour les écouler par soi-même, ceci afin d’obtenir une cession négociée. Cette action vise à dissuader les capitalistes de vendre à des actionnaires ou à liquider directement et rapidement.